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Là où l’oubli et la mémoire sont repus à égalité, entre l’avant et l’après qui inlassablement s’enlacent, là est le labyrinthe. On le respire entre des parois blanches qui se tournent, des croisements de signes et de longs corridors de sens ; les routes y sont des promesses infusées d’attente, mêlées, ouvertes aux marcheurs de l’enquête. L’ordre même est factice, et le temps : seules comptent les nervures fantastiques des cartes, quand le regard qui flotte a la fragilité d’un fil de jour. Il faut savoir déambuler sans quête, sans fin, sans remède, pour apprécier la qualité finement tissée d’un labyrinthe. Lettres, mots, textes, et un monde à dire, sous ses facettes cardinales, avec des lumières changeantes- lumina, pour les latins, ce sont aussi les yeux. La calligraphie s’élabore comme une autre lecture des signes, avec des chansons plus immédiates mais dont les contours sont déjà des détours. De l’eau, des vents, du sable et un hasard organisé : le paysage intériorise le souvenir, et le roule comme un volumen dans les bibliothèques de l’âme.
François Le Penuizic |
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